Dans ce chapitre, je vais vous présenter le trek du Champará et plus particulièrement un des villages situé sur son parcours: Quitaracsa. Ce circuit, que nous avons découvert et conçu en 2003, est très apprécié de nos clients. Il vous fera découvrir l'extrêmité nord de la Cordillère Blanche et vous emmènera au pied de l'imposant Nevado Champará (5 749 m), un des derniers sommets glaciaires avant les volcans enneigés de l'Equateur. Il s’agit d’un trek relativement soutenu, qui traverse des régions accidentées, aux paysages d'une rare beauté.
Vue aérienne du village Quitaracsa avec le campement
Femme cuisinant au feu de bois
Le village de Quitaracsa:
Durant ce séjour, vous découvrirez un village andin typique. Situé au confluent de
deux rivières, dans une vallée profondément encaissée, Quitaracsa a su préserver son charme et son authenticité. Ses maisons sont toutes construites en adobe (briques de terre séchée) et on n’y connaît pas encore l’électricité. Ses 800 habitants vivent d’agriculture et d’élevage, et pratiquent encore
régulièrement le troc avec les communautés voisines. De façon amusante, ces derniers les surnomment "tukllukuna" (ou
" champignons" en quechua), en raison de la forme de leur chapeau feutré (voir
photo ci-dessous).
Shapra Cesar (dit "César le poilu" ): c’est le doyen du village.
Rencontre
avec des bergers au détour d'un chemin.
Tourisme équitable:
Au fil des années, nous avons noué des relations particulièrement amicales et chaleureuses avec
les habitants du village. Dans un souci de soutien aux populations montagnardes, nous avons décidé d'entreprendre plusieurs actions à leur égard:
Nous employons régulièrement les services d’un paysan de Quitaracsa, Efraín, qui nous accompagne durant les 12 jours de trekking de Colcabamba à Hualcayan, en tant que muletier. Auparavant, il n’avait guère travaillé avec des touristes.
Nous organisons
également une soirée festive, où les musiciens du village nous jouent des "chimaychi
", mélodies typiques de la
région. Durant le concert, les habitants viennent spontanément se joindre à nous, et se mettent parfois à danser.
La fête se déroule autour de la tente mess
Une mère portant son enfant dans son
châle
La terre n'est-elle pas plate ?
Un soir, lors d'une conversation dans la tente mess, Efraín nous demande
pourquoi les gringos (les touristes) prennent autant de photos de son village.
Sur quoi nous lui expliquons que c’est pour les montrer à leur famille et à leurs amis, car au pays des gringos, la vie est très différente qu’au Pérou.
Lors d’une autre
discussion, nous réalisons qu'Efrain ignore que la terre est ronde: il pense qu’elle est plate! Ce qui est tout à fait surprenant pour
les Occidentaux que nous sommes, vivant au rhythme d'internet et de la mondialisation …quelles différences séparent nos cultures! Une idée se met alors à germer dans nos têtes :
pourquoi ne pas montrer, à notre tour, des images de notre pays (la Suisse) aux habitants de Quitaracsa ?
Soirée diaporama:
C'est ainsi qu'en 2007 nous nous lançons dans
une nouvelle aventure : après avoir chargé un projecteur et un groupe électrogène sur les ânes, nous débarquons une fois de plus au village. Au cours de deux soirées, nous présentons un
diaporama riche de 500 photos, illustrant de nombreuses facettes de la vie occidentale : le cadre choisi est celui des montagnes valaisannes. Grand succès ! Les photos favorites étant
celles des vaches et des meules de fromage… Et pour satisfaire la demande générale, nous allons rééditer l’expérience pendant la saison 2008, en
présentant de nouveaux aspects de notre civilisation !
Photo du Nevado Huantsan (6 300 m) pris à l'aube depuis le campement
de Castillopampa (trek du Huantsan). Selon les croyances locales ce sommet était le plus vénéré de la région de Chavin. Il est également considéré comme le K2 péruvien en raison de son sommet
difficilement accessible. Au jour d'aujourd'hui, un seul péruvien est arrivé au sommet. Il s'agit d'un porteur faisant partie d'une expédition du fameux alpiniste français Lionel Terray en
1952.
Face nord du Huandoy nord, photographié depuis le camp moraine du Nevado Caraz
dans la vallée de Paron. Ce sommet très esthétique de plus de 1 000 mètres de dénivellé représente une course très engagée pour les alpinistes (TD). Il est certainement l'un des sommets
les plus emblématiques de la région.
Sur une grande portion du trek, les sentiers sont
inexistants: l'homme ne s'est quasiment jamais aventuré dans ce coin perdu des Andes. Nous avons toutefois placé quelques Cairns, afin d'avoir des points de repère. Bien que je
fréquente la Cordillère Blanche depuis de nombreuses années, j'ai vraiment été frappé par la splendeur des paysages rencontrés. Nous avons campé en face de quelques sommets figurant
parmi les plus mythiques d'Amérique du Sud: face sud du Huandoy, le Huascaran ainsi que le Chacraraju et le Chopicalqui pour ne citer qu'eux !
Nous avons assisté à quelques levers et couchers de soleils
flamboyants: avis aux amateurs de photos, nous ne serez pas déçus ! Le fait d'imaginer que nous étions peut-être les premiers humains à camper à cet endroit, nous donnait l'impression
d'être complètement coupés du monde.
Le troisième jour, en descendant dans la vallée de
Llanganuco, nous avons croisé tout un troupeau de vigognes, animal emblématique des Andes. Ce dernier est très farouche, donc extrêmement difficile à apercevoir. Lors du passage d'un col,
nous avons même vu les traces d'un puma, signe que cette région est vraiment restée sauvage.
Coucher de soleil sur la face du Huascaran nord, un moment
inoubliable !
Jour 5: vue sompteuse sur le massif du Huandoy (au centre), ainsi que la pointe sud
du Chacraraju. Ce dernier est un sommet mythique de la Cordillère Blanche. Le premier à l'avoir gravi était un illustre alpiniste français dans les années 60: Lionel Terray.
Nous sommes sur le point de traverser un col sauvage au pied du
Chacraraju et de basuler sur le versant oriental de la Cordillère Blanche, dans le Calléjon de Conchucos. La descente s'effectue en partie dans une moraine, puis au fur et
à mesure de notre descente, nous nous faufillons dans une vallée boisée de petits bosquets et de Quenoals. Six lacs glaciaires de taille variés se trouvent dans cette vallée
et de nombreuses traces fraîches de cervidés sauvages étaient visibles.
Photo prise depuis "la grotte", du camp de base de l'Ishinca. Le sommet
en arrière-plan n'est autre que le Nevado Tocllaraju (6 025m). La vallée de l'Ishinca est idéale pour gravir des sommets en "étoile" depuis son camp de base: Urus, Ishinca, Tocllaraju,
Ranrapalca... De plus, sa relative proximitée depuis Huaraz permet de gagner du temps et facilite la logistique. Un classique parmi les classiques mais toujours aussi beau !